Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) n'est plus un simple document administratif : depuis la loi Climat et Résilience d'août 2021, il est devenu juridiquement opposable et conditionne directement le droit de louer. En 2026, les premières interdictions sont en vigueur et le calendrier se resserre. Voici ce que tout propriétaire bailleur parisien doit savoir pour anticiper.

Le DPE en 2026 : rappel des bases

Le DPE mesure la consommation d'énergie primaire d'un logement (en kWh/m²/an) et ses émissions de gaz à effet de serre (en kg CO₂/m²/an). Il attribue une étiquette de A (très performant) à G (passoire thermique).

A
≤ 70 kWh/m²/an — Très performant
Loyer libre
B
71–110 kWh/m²/an — Performant
Loyer libre
C
111–180 kWh/m²/an — Bon
Loyer libre
D
181–250 kWh/m²/an — Assez bon
Loyer libre
E
251–330 kWh/m²/an — Médiocre
Interdit dès 2034
F
331–420 kWh/m²/an — Mauvais
Interdit dès 2028
G
> 420 kWh/m²/an — Passoire thermique
Interdit depuis jan. 2025

Depuis le 1er janvier 2023, le DPE est légalement opposable : le locataire peut engager la responsabilité du propriétaire si la consommation réelle s'avère très supérieure à celle indiquée dans le DPE.

Calendrier des interdictions de location

La loi Climat et Résilience a établi un calendrier progressif d'interdiction de mise en location des logements les plus énergivores :

Date Logements concernés Conséquence
Depuis août 2022 F et G Gel du loyer : aucune révision IRL possible
Depuis jan. 2025 G+ (> 450 kWh/m²/an) Interdiction de nouveaux baux et de renouvellements
Jan. 2028 Tous les G + tous les F Interdiction totale de location
Jan. 2034 Tous les E Interdiction totale de location

⚠️ À Paris, environ 30 % du parc locatif privé est classé E, F ou G. Si votre bien figure dans cette catégorie, le temps presse : une rénovation prend en moyenne 12 à 18 mois entre décision et réception des travaux.

Gel des loyers pour les passoires thermiques

Depuis le 24 août 2022, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer lors du renouvellement du bail ou lors d'un changement de locataire, quelle que soit l'évolution de l'IRL.

Cette mesure s'applique à toute la France métropolitaine et concerne aussi bien les locations nues que les meublées. Elle s'ajoute aux règles d'encadrement des loyers déjà en vigueur à Paris.

MaPrimeRénov en 2026 : ce qui change

MaPrimeRénov est la principale aide d'État pour financer la rénovation énergétique. En 2026, elle fonctionne selon deux parcours distincts :

Parcours accompagné (rénovation globale)

Pour les travaux permettant un gain d'au moins deux classes énergétiques (ex : passer de F à D), avec obligatoirement un Mon Accompagnateur Rénov' (MAR) :

Parcours par gestes (travaux individuels)

Pour les travaux isolés (isolation, chauffage, ventilation) sans exigence de gain global :

Propriétaires bailleurs : depuis 2024, MaPrimeRénov est accessible aux bailleurs sous condition de louer le logement pendant au moins 6 ans après travaux et de respecter un plafond de loyer selon la zone géographique.

Les CEE : une aide complémentaire souvent oubliée

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) constituent une aide complémentaire à MaPrimeRénov, souvent sous-utilisée. Ils sont financés par les fournisseurs d'énergie (EDF, Engie, TotalEnergies…) obligés par la loi à financer des travaux de rénovation.

Concrètement, les CEE se traduisent par :

Les CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov et peuvent, selon les travaux, couvrir 10 à 30 % du coût total supplémentaire.

Quelle stratégie adopter en 2026 ?

Face à ces contraintes, les propriétaires bailleurs parisiens ont essentiellement deux options :

Option 1 : Rénover avant l'échéance

C'est la voie la plus sûre pour pérenniser le patrimoine et maintenir la rentabilité locative. Un logement rénové à minima en classe D ou C permettra de :

Option 2 : Vendre avant l'interdiction

Si les travaux semblent trop lourds ou peu rentables, vendre le bien avant janvier 2028 reste une option. Il convient de noter que la valeur des logements F et G a déjà reculé sur le marché parisien et continuera de le faire à mesure que les échéances approchent. Un congé pour vente nécessite toutefois de respecter les règles de préavis et le droit de préemption du locataire.

⚠️ Attendre 2027 pour décider expose à une tension forte sur les artisans RGE (délais allongés), une hausse probable des coûts de travaux, et un risque d'interdiction de louer sans solution alternative.

Spécificités parisiennes

Le parc immobilier parisien présente des caractéristiques particulières qui compliquent la rénovation :

Dans ce contexte, la rénovation par gestes (isolation des planchers, remplacement du système de chauffage, double vitrage) est souvent plus accessible que la rénovation globale.

Votre bien est classé F ou G ?

La Nouvelle Parisienne vous accompagne dans l'évaluation de votre DPE, le montage des dossiers d'aide et la coordination des travaux. Contactez-nous pour un premier échange gratuit.

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Delphine Deboulet, directrice de la gestion locative

Article rédigé par l'équipe de La Nouvelle Parisienne, sous la direction de Delphine Deboulet, directrice de la gestion locative.

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